Questionnaire d’auteur … pour (j’ai oublié qui)

Pourquoi écrivez-vous des polars ?
J’ai commencé par ce genre parce que ça me semblait moins risqué que la littérature générale, ensuite ça a été une évidence. Comme le jour où j’ai écouté « My Favorite Things » par Coltrane.

Votre plus grande qualité ?
L’obstination.

Le défaut que vous voudriez bien cacher ?
Je suis trouillarde (pour un « assassin littéraire », c’est assez rigolo)

Quelle est la chose la plus bizarre qui vous est arrivée ?
De rencontrer quelqu’un qui connaissait déjà tout sur moi sans que je ne lui aie rien dit.

À quel endroit préférez-vous écrire ?
A Paris, à mon bureau.

Qu’est-ce qui vous inspire ?
Tout et tout le monde. Même un gant de toilette m’inspire.

Quelle est la partie du travail d’un écrivain que vous préférez pendant la création d’un livre ?
Au début, c’était l’écriture. Mais ces derniers temps, je commence à prendre goût à l’élaboration de l’histoire. Dommage que je n’aie pas eu cette idée il y a vingt ans.

Quelle est la partie du travail d’un écrivain que vous détestez pendant la création d’un livre ?
Attendre la réaction de l’éditeur après l’envoi du manuscrit. Ensuite, c’est attendre la réaction du public et de ces #@&!/%¨^* de journalistes. Mes préférés ce sont les blogueurs car ils sont rapides.

Avez-vous un rituel avant d’écrire ou pendant que vous écrivez ?
Il m’arrive de mettre une musique funky et de danser à fond devant la glace de ma salle de bains (généralement en petite tenue). Mais comme j’écris (presque) sans arrêt, je suppose que ce n’est pas forcément lié à l’écriture.

Votre auteur préféré ?
En ce moment, c’est Joe Nesbo.

Le livre qui vous a marqué le plus ou celui que vous recommandez à tout le monde ?
« Martin Eden » de Jack London. Mais je l’ai lu il y a très très longtemps. Et je ne veux pas le relire pour ne pas être déçue. J’ai aussi beaucoup aimé « How to get filthy rich in rising Asia », de Mohsin Hamid, un roman élégant et désespéré, extrêmement bien écrit. Et absolument pas français. Et Mon combat de Karl Ove Knausgaard. Sublime et troublant.

Comme lectrice, êtes-vous un livre à la fois ou un livre par pièce de la maison ?
Je lis plusieurs livres à la fois. J’en commence beaucoup, j’en finis peu. Ça devient d’ailleurs inquiétant.

Le polar que vous auriez voulu écrire ?
Aucun, car c’est sur moi que je compte. Mais j’ai été épatée en lisant « Tokyo » de Mo Hayder et « Out » de Nastuo Kirino. Entre autres.

Le personnage de roman qui vous ressemble le plus ?
Je dois être schizophrène car il y en a plusieurs. Martin Eden, Philip Marlowe, le héros de « Danse, danse, danse » de Murakami. Et je suis sensible au personnage du photographe dans Blow Up, mais c’est un film pas un roman.

Le personnage de roman que vous auriez voulu imaginer ?
Tom Ripley de Patricia Highsmith.

Le personnage de bandes dessinées avec qui vous aimeriez passer une journée ?
Le Marsupilami.

Si vous n ‘étiez pas écrivain, vous feriez quel métier ? Ou, selon le cas, que faites-vous dans la vie, à part écrire ?
A part écrire, je fais du sport et la cuisine, mais je n’aurais jamais voulu être une sportive professionnelle ou une femme chef. Je crois que j’aurais aimé être musicienne ou peintre (avec le talent de Gerhart Richter, allez hop, tant qu’à faire). Si nous vivions à la Préhistoire, j’aurais aimé être chasseuse. Mais les garçons m’auraient renvoyée à la grotte et à la cueillette des baies vite fait après m’avoir filé un coup de massue. Si nous vivions dans l’enfance permanente, j’aurais voulu être une espionne internationale (mais dans une version plus habillée que Mata Hari). Et hier, après avoir fini mon dernier roman, je me suis allongée sur mon canapé et je n’ai absolument rien fait pendant quinze minutes. Ça reste un très bon souvenir.

Êtes-vous plus policier ou meurtrier ?
Policier. A condition de l’enquête soit aussi une quête initiatique.

Votre mot préféré ?
Je les aime tous. Même les mots des autres langues. Comme kumo (le nuage en japonais) ou serendipity ou traurig, wunderbar, etc. Et puis, j’aime bien tous les mots qui sortent de la bouche de Kevin Spacey car c’est très bien prononcé.

Le mot que vous aimez le moins ?
Formulaire. Et encore, c’est pour vous faire plaisir.

Votre citation préférée, celle qui vous ressemble le plus ?
“La mélancolie, c’est le bonheur d’être triste”.
Mais j’aime aussi : « Avec tous les cinglés qui nous gouvernent et polluent l’atmosphère avec des tas de retombées radioactives, plus personne n’a le temps de vérifier l’exactitude d’une citation faite par n’importe qui au sujet de n’importe quoi. »

Ce que vous aimeriez que les autres vous disent ?
Etes-vous d’acccord pour nous vendre les droits de votre roman pour une adaptation ciné ? Et pour une somme indécente ?

Ce que vous auriez toujours rêvé de dire à vos lecteurs ?
Puisque que vous avez aimé mon livre, parlez-en donc à la crémière, au postier, au livreur de sushi, à votre cousine Berthe et votre oncle Jeremiah, à votre prof de tai-chi, à votre contrôleur des impôts, à votre belle-mère et à ses copines, à votre coach sportif, à vos gamins qui feraient bien de faire autre chose que de jouer aux jeux vidéos, au mec de chez Smith en face, à votre gendre qui connaît le producteur de cinéma, aux copains de vos copains qui connaissent le producteur de cinéma, à vos copines qui couchent avec le producteur de cinéma, à vos ennemis et à n’importe qui dans la rue.

Parlez-nous de votre prochain livre ???
Non ! Je plaisante… « Kabukicho » se déroule à Tokyo, dans le quartier chaud du mizu-shobai, le business de la nuit. L’histoire est racontée par trois personnages. Yudai, un hôte pour clientes en manque d’affection, Yamada, un policier qui enquête sur la mort d’une hôtesse de bar et Marie, une Française qui était l’amie de la jeune femme assassinée. C’est un roman noir, une histoire d’amour et de mort. Ce n’est absolument pas drôle et j’espère que vous pleurerez à la fin.



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